Les clés du Paradis

La remise des clés

1995
« Je te remets les clés du paradis ». C’est la phrase avec laquelle j’ai accueillie Martine dans son nouveau poste.
J’occupe depuis quelques mois le poste de responsable des équipes d’intervention informatique, les CILS comme on les appelle, les pompiers du SI1
Il s’agit d’une équipe de 12 personnes chargées de l’installation et de l’entretien de l’informatique, du poste utilisateur jusqu’au serveur local en passant par l’infrastructure réseau.
Martine est une ex commerciale en boutique, elle a eu une grave maladie, et ne supporte plus le stress du contact client.
Chaque entité dispose de sa propre gestion du personnel, je n’aime pas le terme « gestion des ressources humaines », il y a donc encore une certaine souplesse dans ce domaine. Il est encore possible au DRH, puisque c’est comme cela qu’on l’appelle, de tenir compte d’éléments personnels comme la santé de la personne, sa situation familiale etc. pour l’affecter sur un poste.
Martine ne souhaite plus travailler en boutique face au client, compte tenu de son état de santé et avait donc rencontré son Directeur Opérationnel et son DRH lors de sa reprise, pour obtenir un poste plus administratif.
Il est 17h env., je suis assis dans un fauteuil en cuir face au bureau de mon Directeur Opérationnel, la journée se termine. Je suis passé le saluer. Il y a quelques temps que je me plains d’avoir trop de travail administratif, de ne pas pouvoir satisfaire le client interne comme je devrais le faire étant fortement occupé aux tâches administratives. Maintes fois j’ai sollicité Jean Pierre le Directeur Opérationnel et Joël le DRH pour obtenir une assistante.
Jean Pierre est assis dans son fauteuil, un verre à la main et me propose quelque chose à boire : Jus de fruit, bière, Whisky. J’accepte volontiers un fond de Whisky.
Aujourd‘hui vous me diriez que c’est une infraction grave, mais en 1995 ce n’est qu’une simple entorse sans conséquence. L’ambiance, les contraintes et les règles ne sont plus les mêmes aujourd’hui.
« Demain je te présenterai une personne qui rentre de congé de maladie « me dit Jean Pierre, je vais te l’affecter entant qu’assistante, je dis bien assistante, pas secrétaire. Je ne sais pas si cela va lui plaire, et ou si cela va marcher, mais on va essayer. Elle s’appelle Martine, oui c’est une femme, une belle femme, elle ne souhaite plus reprendre au commercial. On va essayer de l’intégrer dans ton service ».
« Merci, cela m’aidera beaucoup dans ma tâche, espérons que cela lui conviendra. Quand prendrait-elle son service ? »
« Demain, je lui en ai déjà parlé, elle est d’accord pour essayer de se réintégrer dans cette nouvelle fonction ».
« Ok Jean Pierre », je finis mon fond de Whisky et je prends congé de mon Directeur. Je salue au passage Sylvianne sa secrétaire, qui me rend mon salut avec un grand sourire, comme à son habitude.
Dans les équipes CIL 2, il n’y a que des hommes. L’informatique en étant encore qu’à ses débuts dans cette grande entreprise, issue de l’administration. Le métier est dur, stressant et très technique. Je ne sais pas si une femme ex commerciale de surcroit pourra s’y adapter.
Mardi matin, je suis au bureau très tôt comme d’habitude. Nous sommes installés dans un bâtiment technique qui abrite un autocommutateur régional. Quand on pénètre dans ce bâtiment on ressent une odeur particulière que je ne saurais qualifier. Les centraux électromécaniques qu’abritent encore ces bâtiments sont en fin de vie. Ils sont remplacés progressivement par des centraux dits « électroniques ». Il règne dans ce bâtiment une odeur très particulière laissée par ces milliers de relais électromécaniques.
Je monte au premier étage où se situent nos locaux. Les étages ici n’ont pas la hauteur normalisée des d’habitations, ils ont été construits pour héberger ces autocommutateurs mécaniques. Ils abritent encore les répartiteurs qui demandent une hauteur sous plafond de près de 4mètres. J’arrive donc au premier étage, nos locaux sont au bout du bâtiment. Pour s’y rendre, il faut traverser le plateau du 1013, nom donné au service d’assistance technique aux abonnés, service accessible via ce numéro 1013.
Je salue au passage les opérateurs 1013 qui ont pris leur service à 6 heures, l’ambiance est détendue, il n’y a pas eu trop d’incidents cette nuit, et le flux d’appel est très faible. Salut Bernadette, salut André. J’arrive dans mon bureau.
Un espace sobre, une seule pièce pour toute l’équipe, il faut dire que les techniciens ne sont présents en général, qu’à la prise de service. Le reste de la journée, ils sont sur le terrain.
Le bureau a été calculé pour une équipe plus importante à plus ou moins long terme. Il y a donc des bureaux disponibles.
Je prépare un bureau, proche du mien, pour Martine qui va arriver dans une heure environ.
Je me demande quelle va être sa réaction.
Martine, je la connais de vue, je l’ai rencontrée lors d’un passage en tant que client dans une des boutiques France Télécom. C’est une belle femme avec une petite voix. Elle avait à l’époque des cheveux auburn. Comment va-t-elle s’adapter à ce milieu technique, masculin, macho ?
Je me souviens l’avoir également croisée lors des vœux du Directeur Opérationnel il y a quelques mois, il faisait froid, elle était emmitouflée, dans un manteau noir, elle semblait très fragile.
Je prépare le planning des techniciens, mais mon esprit est ailleurs, comment vais-je gérer cette situation ? Il faudra faire preuve de tact, de patience et cela ce n’est pas trop mon fort.
On approche de 8 heures et les techniciens commencent à arriver. Dès qu’ils ont été tous présents, je les informe de l’arrivée d’une personne qui devrait piloter leur activité.

Je leur explique la situation de ce nouvel agent, je leur demande de tout faire pour faciliter son intégration. Ils ont tout intérêt à ce qu’elle reste sur ce poste car le pilotage de l’activité prend de plus en plus de temps et que faute de personne spécialisée, ce sont eux, les CILs qui assureront la permanence et le pilotage, comme cela se fait dans d’autres régions, et je sais, que ce n’est pas du tout du goût des techniciens.
Vers 9 heures 30, Jean Pierre notre Directeur arrive dans la salle accompagnée de Martine.
« Bonjour tout le monde, Martine je te présente Yves, il est le responsable du service, comme je te l’ai expliqué. Voici le bureau de ses collaborateurs, l’équipe CIL », il se tourne vers les techniciens et va les saluer un par un en les présentant à Martine.
Les présentations faites, « Bon je vais vous laisser, Yves je te confie Martine, je compte sur toi, et les gars ce n’est pas parce qu’il y a une charmante dame dans le bureau qu’il faut rêver, vous devriez déjà être en route. »
Jean Pierre me laisse donc en compagnie de Martine, je demande aux techniciens de se « mettre en route ». Je préfère rester seul avec Martine, car je ne me sens pas trop à l’aise ». Les techniciens partis, cela lui permettra de prendre doucement contact avec ce que vont être ses locaux et son futur service. « Martine voici ton bureau, mets-toi à l’aise, installes toi on fera le point après. »
Les principales activités des équipes de CIL (Cellule d’Intervention Locale) sont le dépannage informatique et réseau de premier niveau ainsi que le soutien bureautique aux utilisateurs.
La micro-informatique et les réseaux n’en sont qu’à leurs débuts, et prennent une place de plus en plus importante pour l’utilisateur. La gestion, le suivi commencent à s’inviter dans les tâches des agents. Beaucoup d’entre eux sont issus des anciens métiers de France Télécom. On retrouve déjà sur les plateaux d’assistance technique du 1013 d’anciens « lignards » 3, ces lignards que j’ai connus lors de mon arrivée dans la maison au début des années 70.
Ces nouveaux utilisateurs informatiques, qui ne sont pas toujours là de plein gré, sont confrontés à plusieurs difficultés :
• L’architecture du système d’information de France Télécom est très compliquée. Le noyau dur des informations semble fait de pièces rapportées que l’on a greffées les unes après les autres tant bien que mal.
• Le réseau n’en est qu’à ses débuts. Pannes fréquentes, peu de fiabilité.
• Le poste de travail est une bête que l’utilisateur doit apprendre à dompter. Imaginez, un technicien des lignes que l’on met presque du jour au lendemain devant Windows. Windows 2.3 puis 3.1. Ceux qui ont connu ces systèmes savent bien de quoi je parle.
Martine s’est mise à l’aise. Je lui présente l’activité de la cellule, le service que les techniciens doivent rendre aux utilisateurs, les contraintes que cela engendre. Je lui présente également (sur le papier) l’équipe, les particularités des uns et des autres. Bref la matinée est consacrée à la présentation de sa nouvelle fonction et de son environnement. Martine semble très intéressée par mes explications et ce monde tout à fait nouveau, cependant je comprends tout de suite que la technique la stresse. J’essaie de la rassurer en lui expliquant que son rôle sera de « piloter » l’activité des techniciens, qu’elle n’aura pas à intervenir sur la technique de près ou de loin.
J’ai bien compris que l’informatique lui fait peur, le micro-ordinateur, cette bête qu’il va falloir apprivoiser.
Midi, je vais partir déjeuner. J’invite ma nouvelle assistante à en faire de même. « Je pense qu’il est l’heure de partir déjeuner, Martine » « Bien Monsieur me répond elle »
« Ici, il n’y a pas de Monsieur, il n’y a pas de chef, Yves cela me suffira. »
« Voici les clés du paradis » lui dis-je en lui tendant un jeu de clés du bureau, elle me regarde surprise « Je le dis sincèrement, j’espère que ce sera pour toi les clés du Paradis »
« Bon appétit à tout à l’heure »
« Bon appétit ».

Début de carrière
Comment et pourquoi rentre-t-on aux PTT dans les années 70 ?
La France a un retard considérable dans le déploiement de son réseau téléphonique par rapport aux autres pays. Notre président Giscard D’Estaing récemment élu, veut rattraper le retard des Télécommunications en France. Il veut que tout foyer français ait la tonalité.
En 2018 ce type de pari peut faire rire, à l’époque du réseau 4G en téléphonie Mobile, à l’époque où chaque passager dans le métro pianote sur son téléphone portable, envoie des SMS à l’aide d’une nouvelle langue bizarre écrite avec le pouce. Oui cela peut paraître une histoire préhistorique, mais en 72 c’était un challenge immense. Les PTT de l’époque recrutent à tour de bras, principalement des techniciens. Il ne se passe pas un mois sans qu’il y ait un concours annoncé.
Car on rentre aux PTT par concours.
72, année de préparation du BAC, l’épreuve tant redoutée. Je suis en terminale F2, dans un lycée réputé pour sa réussite, mais aussi pour sa discipline. Notre surveillant général bien qu’il lui manquât une main gère son établissement d’une poigne de fer, ce qui lui vaut un des meilleurs taux de réussite aux BACs techniques de la région.
Un peu avant la fin de l’année scolaire, un soir en sortant, avant de reprendre le car – pas question de voiture, encore moins de moto ou de mobylette – nous prenons un pot avec des copains, au rallye ou au Flash.
Aux vues des annonces de concours, nous nous décidons à passer ces fameux concours, une façon de nous entrainer pour le bac.
« Que risque-t-on ? Le « surgé » nous donnera même des jours pour préparer et passer les épreuves ».
Nous voici, Christian C., Francis F, Jean-Louis P., Dany F. (l’une des seules filles dans ce lycée technique) et moi-même inscrit à chaque parution de concours.
Avril 72, les pas du surveillant raisonnent sur le plancher de la salle des concours de l’Hôtel des Postes d’Arras.
Eh oui il y existe une salle des concours, une immense salle au dernier étage, près de 150 tables. Une centaine de postulants planche depuis une heure 30. Le temps minimum de présence pour que la copie soit validée pour cette épreuve arrive à son terme. Je relève la tête, je cherche mes potes. Nos regards se croisent, un signe de la tête « tu as fini ? », je me lève, je dépose ma copie, je suis sur le palier.
C’est le mot d’ordre, dès le temps de présence minimum à l’épreuve passé on se retrouve au Rallye rue Saint Aubert, petit café en centre-ville repère des lycéens.
Voilà comment se sont passées les épreuves des concours pour rentrer au PTT en tant que Technicien des Installation des Télécommunication, les TINT.
Les résultats ne tardent pas à arriver, la majorité d’entre nous est admise. Nous pouvons donc intégrer les PTT à la fin de l’année scolaire si nous le souhaitons.
Pour ma part je décide de faire mon service militaire, les bancs de l’école, même en technique, ce n’est pas trop fait pour moi. Je me prépare à passer le bac, tout en postulant pour divers postes dans l’industrie. A l’époque on ne parle pas encore beaucoup de notion de service comme aujourd’hui. Les principales activités sont dans l’industrie.
Je passe des entretiens à droite à gauche. Je réussis mon bac grâce au rattrapage, j’ai raté les maths lors des épreuves écrites.
Quelques jours plus tard, je passe rencontre un DRH pour un nouvel entretien et je suis retenu comme électronicien dans une usine d’un grand constructeur de batteries près de chez moi. Il est convenu que je prendrai mon poste dès mon retour de service militaire obligatoire.
Aout 72, me voilà en bleu marine, calot de l’armée de l’air sur la tête. Une année bizarre sur laquelle je ne m’attarderai pas.
Puis survient le premier choc pétrolier, 1973. Le fabricant de batteries me fait savoir qu’il n’est pas sûr de maintenir sa proposition de poste, la maison mère en Angleterre ayant revu ses prévisions à la baisse à cause de ce choc pétrolier.
J’ai une petite amie à l’époque, mes parents sont commerçants artisans. J’aime travailler au magasin avec ma mère, mais je refuse de travailler comme électricien avec mon père. Nous ne pourrions pas nous entendre, je préfère laisser la place à mon frère cadet.
Le service militaire se termine. J’ai envie de vivre ma vie avec ma petite amie. La réussite au concours l’année précédente ouvre la porte de la fonction publique, salaire et travail garanti. Et puis c’est avec fierté que l’on va aider la France, les PTT à relever ce challenge de la tonalité pour tous lancé par le Président Giscard D’Estaing.
Sécurité d’emploi + challenge + perspectives de carrière + l’attrait d’une grande administration, la fierté de se rendre utile, la décision est prise, je rentre aux PTT.
Profitant de mes « permissions de soldat », je prends contact avec la Direction Départementale des Postes Téléphone et Télécommunications pour intégrer les PTT. Je partirai donc en formation 8 mois dès ma démobilisation, soit en Septembre 1973.
L’année de service militaire se termine. Nous décidons avec Danielle de nous fiancer, puis de nous marier dès mon intégration au sein des PTT.
Un accord est passé avec le représentant de la DGT (Direction Générale des Télécommunications). J’intègre avec deux de mes camarades de classe, Francis et Jean Louis la session de formation qui débute le 28 Aout 1973 au centre de formation de Barrault Paris 13°.
La date de notre mariage est fixée au 3 Septembre 1973.
Voici ce qui fait que je me suis retrouvé fonctionnaire dans cette grande maison dont nous étions fiers les PTT.
Avantages, inconvénients de l’administration
Rentrer dans l’administration est un choix. Cela a ses avantages mais aussi ses inconvénients.
Un emploi stable, un salaire assuré et une carrière programmée compensent les inconvénients. Le salaire à l’époque est loin d’être mirobolant. Mes camarades de classe sont recrutés et intègrent le secteur privé avec des salaires nettement supérieurs, presque le double dans certaines grandes entreprises.
Mon choix est fait, je pars pour 8 mois de formation au centre Barrault à Paris 13°.
Lever le matin à 5h10 pour prendre le train corail (le TGV n’est peut-être pas encore sur les tables à dessin). Départ 6h20 Gare d’Arras, train Corail, arrivée Paris 7h59. Le métro, l’horreur pour un provincial. Le soir 17h13 Gare du Nord, arrivée Arras 18h59. Retour à l’appartement 19h15. Peu de temps pour une vie de jeune marié. Il faut tenir et réussir. L’affectation après le cours en dépend.
Je ne suis pas le seul dans ce train, les « abonnés » de la ligne Lille Paris sont nombreux, près des trois quarts de ces abonnés travaillent dans l’administration. Ils ont préféré la contrainte de ce trajet journalier à la résidence en région parisienne.
En intégrant ce cours à Paris, nous avons tous en point de mire l’espoir d’une nomination dans ou proche de notre région d’origine. Rentrer dans l’administration à cette époque signifie bien souvent délocalisation.
Avril 1973, la session de formation se termine, et les affectations disponibles sont affichées dans le grand hall de Barrault. La priorité du choix des affectations est donnée aux élèves les mieux notés, notation pondérée par la situation familiale. Dans la section Transmissions que j’ai choisie, la meilleure affectation que je puisse espérer compte tenu de mes notes, pas mauvaises du tout et de la pondération due à ma situation de famille, est Amiens Câbles Régionaux. Les postes disponibles dans l’autre discipline « Commutation » ne sont pas les mieux localisés, et mes deux camarades Jean louis et Francis sont répartis dans des régions opposées. Je ne retrouverai la trace de Jean Louis qu’en 2006.
« Les câbles Régionaux » est un service d’entretien de câbles à grande et moyenne distance, ce qui signifie des déplacements constants sur toute la Picardie. Je n’ai pas franchement le choix, sinon c’est Belfort, Mulhouse…
Premier contact avec le monde du travail
Avril 1973, je me présente à Amiens dans les locaux de la Direction Régionale, je frappe à la porte de Mme Danielle M. secrétaire du service. « Entrez ». Mme Danielle M. est assise derrière un bureau en métal laqué gris, du même gris et du même style austère que les armoires qui tapissent les murs du bureau. Le matériel de bureau standard de l’administration des années 70. Je me présente, elle me fait assoir, « Je vais prévenir Monsieur L. »
Elle frappe à la porte située derrière son fauteuil du même gris que les meubles. Une voix forte répond « Oui ». La porte ouverte, « Nico, Monsieur Minguy est arrivé » « fais l’entrer ».
Je me lève, je pénètre dans le bureau de Nicomède L. qui sera mon supérieur hiérarchique. Nicomède a près de la cinquantaine, bien enrobé, pantalon à bretelles, un peu une allure de Raymond Barre. Il se lève « Bonjour et bienvenue, assieds-toi «
« Bonjour lui répondis-je » en lui tendant les documents de prise de service.
« Donc c’est ton premier poste ? »
« Oui j’arrive direct de Barrault »
« Bon avant que je ne te présente le service, il faut que tu saches qu’ici le métier est aussi dur qu’agréable. Tu auras des moments plaisants, et des périodes dures, très dures et fatigantes. Les équipes de Câbles Régionaux ont une grande responsabilité, et le challenge de la DGT est énorme. Pour ma part, je peux être très souple, comme je peux être très dur. Je suis toujours du côté de mes gars tant que le boulot est fait. C’est donnant donnant. Tu auras la responsabilité technique d’une équipe, dont les résultats dépendront de toi, de tes compétences, de ta façon de faire et d’être. » « Tu seras l’associé, le partenaire du chef d’équipe, qui lui a pour fonction de gérer l’équipe. La réussite de votre groupe dépend également de votre couple ».
Le cadre est dressé et je vais très vite me rendre compte que cette entrée en matière faite par Nicomède reflète parfaitement la réalité.
Les « Câbles Régionaux » sont composés de 4 équipes de 5 à 6 « soudeurs ». Chaque équipe est encadrée par un chef d’équipe assisté d’un technicien. Je suis affecté dans l’équipe de Julien M., le chef d’équipe, avec Maurice C. comme technicien. Je serai donc en doublure pour apprendre le métier.
Me voici à la prise de service, mon premier lundi matin. Le briefing des chefs d’équipe et techniciens de Nicomède terminé, le départ est donné, cérémonial immuable du lundi matin. Notre service couvre les trois départements Somme Aisne et Oise. Le convoi de mon équipe se met en route. Maurice et moi dans une 4L, le chef d’équipe et les soudeurs dans deux « Goélette » Renault chargées du matériel, des équipements et du couchage.
L’esprit d’équipe, la solidarité
Notre métier : construire des liaisons téléphoniques à moyenne et courte distance, et surtout en assurer l’entretien.
Ici pas de règles de fonctionnement gravées dans le marbre, pas de processus figé, pas de règlement contraignant. La seule règle : faire le boulot coûte que coûte. Mais le coûte que coûte à une contrepartie, nous sommes reconnus tant moralement que matériellement.
Les équipes sont censées partir pour la semaine. Les horaires de travail sont théoriquement figés.
Le canevas de la semaine est simple : Nous partons le lundi matin en théorie pour la semaine. Nous sommes tous équipés de lits de camp, nous couchons dans les centraux téléphoniques proches des chantiers. Le midi repas au restaurant pour certaines équipes, d’autres préfèrent cuisiner leur repas et le prendre en commun soit dans le camion soit dans les centraux. Le soir en général nous prenons le repas en commun (sandwiches, conserves etc.) dans les centraux téléphoniques ou nous logeons. La soirée se termine en partie de cartes ou autres jeux de société. Les centraux téléphoniques ou nous « logeons » peuvent être de grands immeubles en ville ou de tout petits locaux d’une dizaine de mètres carrés en pleine campagne : » Les Socotels ».
Le schéma de l’organisation de la journée est également simple :
6h30 du matin, l’odeur du café préparé par le chef d’équipe réveille l’équipe. Toilette « au jerricane «, 7h00 les camions décollent, 7h30 l’équipe est prête sur le chantier.
8h30 une fois le chantier préparé, balisé, sécurisé, petit déjeuner dans le camion. Petit déjeuner façon lignards : pain, pâté, sardine, thon, café, vin rouge, bière…
9h00 au boulot.
Certaines équipes, vers 11h, détachent un agent pour faire les courses et la cuisine. Chaque équipe est dotée d’une remorque cuisine équipée de poêles, casseroles, réchaud etc. Les autres équipes déjeunent dans de petits bistrots, nombreux dans la région.
12h00 repas en équipe
13h30 reprise du chantier
17h30/18h fin de la journée. En réalité l’heure de fin de journée n’est pas figée. Elle dépend de l’avancement du travail, on ne regarde pas à faire une demi-heure, une heure en plus pour finir.
Le vendredi se passe un peu différemment, le déjeuner se prend vers 14 heures et se prolonge dans l’après-midi. En général les équipes ne reprennent pas le travail le vendredi après-midi. Nous compensons cet après-midi par une demi-heure chaque soir. Tout le monde y trouve son compte.
Gagnant Gagnant : La motivation qui nous fait accepter cette vie de nomade est l’argent et la réussite du challenge « donner la tonalité à chacun ». Notre hiérarchie ferme les yeux sur certaines façons de faire. En théorie, nos frais de déplacement sont censés payer l’hôtel et le restaurant, alors que nous « logeons » dans les locaux techniques. Nous sommes donc gagnants, car nous dépensons peu et les frais de déplacements payés au forfait sont tout bénéfice.
L’administration est gagnante : le téléphone portable fait encore partie de la science-fiction, le réseau n’est pas sécurisé comme aujourd’hui. Le fait que nous logions dans des centraux téléphoniques permet aux responsables de nous joindre jour – aux heures de repas- et nuit en cas de besoin.
Tout le monde y gagne.
Nous joindre en cas de besoin
A cette époque les liaisons téléphoniques qu’elles soient, longues ou moyennes distances ne sont pas sécurisées, et le moindre « incident » génère des coupures d’abonnés.
Les incidents : la téléphonie rentre progressivement dans la vie de tout un chacun. Les entreprises de travaux publics ne sont pas encore habituées à la présence des câbles, et leurs coupures par des engins mécaniques lors de travaux de voirie sont fréquentes. Aujourd’hui de tels incidents ont peu d’impact. Les circuits sont doublés, sécurisés. Le client ne subit de coupure que rarement.
A cette époque, les équipes doivent être prêtes à intervenir, jour et nuit, quel que soit le lieu, quel que soit le temps. Il est donc de l’intérêt de l’administration de pouvoir contacter le plus rapidement possible ses équipes, ce qui nous permet donc de « loger » dans les locaux techniques et d’économiser les dépenses d’hôtel.
Nous ne comptons pas nos heures.
Un câble coupé ou endommagé et ce sont des dizaines, des centaines d’abonnés privés de téléphone. Il faut réparer au plus vite, jour et nuit, nuit et jour. Les heures supplémentaires s’accumulent. Il nous est arrivé parfois de cumuler 2 jours et une nuit consécutive sans dormir, et de ne rentrer à Amiens au dépôt que le travail fini. Nous reprenons la route en convoi et en se relayant au volant pour ne pas s‘endormir. Nul ne se préoccupe vraiment de la réglementation. Il faut faire le boulot.
Personne ne ronchonne quand à peine rentrés au dépôt le vendredi soir après une semaine dure, nous entendons Nico (Nicomède) nous crier, « Direction Gisors les gars, le câble 911 est coupé, la doc technique est prête, y a pu qu’à ». Il nous criait cela campé à l’entrée de l’entrepôt, tout en croquant sa pomme comme chaque soir. Rien qu’à vois sa posture à l’entrée du dépôt, nous savons qu’il n’y aura pas ou très peu de week-end.
Nous étions cette semaine en chantier à Hirson, plus de deux heures de route pour rentrer à Amiens, il nous faudra deux heures pour arriver à Gisors. Un coup de fil à nos familles et nous voilà de nouveau sur la route sans savoir quand nous rentrerons.
Ces prolongements de semaine ou de nuit ne se faisaient pas toujours de gaité de cœur, mais nous savions que la reconnaissance serait présente.
La reconnaissance du 15
Nos frais de déplacement et nos heures supplémentaires nous sont encore payés en espèces au bureau de poste d’Amiens. Quel que soit le jour ouvrable, le 14 au soir toutes les équipes (câbles régionaux, services techniques locaux etc.) se retrouvent à 16h30 au bureau de poste d’Amiens pour toucher leurs appointements. Ce jour-là il est donc de tradition de quitter le chantier l’après-midi pour être à 16h30 à la « paie du 15 ».
Toutes ces pratiques sont acceptés de tous, tant des agents que de la direction. Nous y trouvons tous notre intérêt.
Les chefs aux côtés des agents
La solidarité existe à tous les niveaux. L’individualisation générée actuellement par les dirigeants n’est pas encore mise en œuvre. Quand pour des raisons diverses, la « paie du 15 » n’est pas au rendez-vous le 14 au soir comme d’habitude, le simple fait de menacer collectivement de ne pas démarrer le travail le lendemain, règle les problèmes. Notre Chef de Division Nicomède s’est même interposé à l’Administration et à sa hiérarchie en prenant la défense de ses agents qui refusaient de démarrer à la suite d’un défaut de paiement « Si mes gars ne sont pas payés, ils ne partiront pas, et je les soutiens, ils répondent toujours présents alors faites de même » et tout se règle comme par enchantement.
Il est courant de doubler voire de tripler sa paie, si le mois est riche en dérangements ou en interventions de nuit. Cette manne me permet de me meubler d’acheter ma première voiture et d ‘améliorer considérablement ma vie de jeune marié
Toute chose a une fin.
Près de deux ans se sont écoulés. Cette vie de nomade est bénéfique pour les finances, mais pas pour la vie de famille. Ne jamais savoir quand on pourra rentrer à la maison, retrouver sa fille, son épouse n’est pas toujours agréable. Mais je ne regrette pas ce que j’ai fait. Ma hiérarchie et l’administration ont toujours été reconnaissants tant moralement que matériellement.
Je me suis donc mis en quête d’un autre poste plus stable.
De la gestion à l’informatique.
Un poste à responsabilité
Ayant étudié ma demande de changement de poste, le chef de département Pierre B. me propose un poste de gestion. Je suis donc intégré dans l’équipe administrative des « Câbles Régionaux » avec Mme Danielle M., cette même Danielle M. qui m’avait accueilli lors de ma prise de poste et Mme Andrée H. Je suis affecté à la gestion des équipes, planification des travaux, gestion financière, études de tracés etc. Petit à petit je deviens l’éminence grise de M. Pierre B. comme il aime à le dire.
Bien que simple technicien TINT , je commence à assister aux réunions régionales de coordination. C’est lors de ses réunions que sont planifiées entre autres les « automatisations des réseaux téléphoniques » commune par commune. Le Directeur Régional ou son adjoint préside ces réunions mensuelles. Chaque département y est représenté par son chef de département ou son ingénieur. J’y siège au début en doublure avec mon Chef de Département M. Pierre B., puis nous nous répartissons les séances chacun notre tour.
Mon grade administratif ne correspond en rien au pouvoir dont je dispose. Je discute d’égal à égal (au nom de mon chef de département) avec les autres responsables, je peux faire valoir mes idées, les contraintes du service, les contraintes de coût. Je suis écouté. Plusieurs de mes collègues sont dans la même situation : Pierrette P. a une fonction similaire au sein du service réseau et nous travaillons en étroite collaboration, Bernard L. est chargé du pilotage des réunions de coordination. Tout comme moi leur grade n’a rien à voir avec leur fonction. Mais c’est ainsi, nul ne nous jalouse, nul ne nous fait remarquer cet écart grade/fonction. La seule chose qui compte faire avancer les choses, faire son boulot.
Nous y trouvons une grande satisfaction, la reconnaissance de notre hiérarchie est forte. Nul besoin d’entretien individuel ou d’évaluation, de bilan annuel etc. la reconnaissance existe et elle est sincère.
La réalisation de grands projets
Petit à petit mes responsabilités s’accroissent. La politique de la « Tonalité pour tous « et de sécurisation du réseau conduit la DGT à investir massivement dans des câbles à fortes capacités et à longues distances. Des grandes sociétés telles que LTT , Câbles de Lyon, SAT ont été sollicités pour fabriquer et poser des câbles longues distances à forte capacité. Nous voyons donc naître des « Paris Lille », « Saint Quentin Laon Reims » etc. La DGT devient à partir de 1974 le premier investisseur public.
Après une période en doublure avec Pierre B. Chef de département, je suis chargé des études de tracés, de planification et de pose de ces grands câbles en relation avec les sociétés privées (LTT, SAT, CDL) et les LGD . Je côtoie les dirigeants de ces sociétés, je partage les décisions avec eux. Cette fonction me donne du poids dans les négociations lors des réunions de coordination régionales. Je travaille en relation avec les bureaux de dessin régionaux avec les responsables des CCL régionaux, j’ai un pouvoir important. Je me sens bien, je suis utile, j’ai la reconnaissance de mes patrons.
Retour à la technique : l’informatique
Le quadrillage du réseau et sa sécurisation avance à grands pas, l’effort énorme dans l’activité de pose de ces grands câbles tend à se régulariser. La dernière opération que j’ai pilotée a été la pose mécanisée en pleine terre d’une fibre optique de 11km dans la Somme. Une première en France. Mon chef de département a besoin de plus de gestion. L’ingénieur des lignes a besoin de budgétiser, de gérer. Il souhaite mettre en place l’informatique dans le service. Je me positionne sur ce projet à condition d’y être intégré dès le départ. Un accord est passé entre le service informatique et mon responsable, je vais travailler en collaboration avec Lysiane M. analyste programmeur à l’étude et à la mise en œuvre de ce projet.
La programmation Informatique

Nous sommes en 1977, le service des lignes a acheté un ordinateur Multipostes Micral. C’est l’un des premiers micro-ordinateurs multipostes, il possède des disques amovibles de 20Mo, ce qui est très important, pour mémoire, les premiers micro-processeurs sont sortis en 1971.
Avec Lysiane, j’apprends l’analyse et la programmation. En deux ans je monte toute une série de programme de gestion, à l’aide d’un cabinet d’audit mandaté par la DGT. Nous adaptons la méthode PRORLI à notre service. Cette méthode de gestion et d’organisation des services des lignes a été mise en place quelques années auparavant dans les CCL . Cette fonction qui m’a été attribuée vient s’ajouter et compléter la fonction d’adjoint au Chef de Département des Câbles Régionaux. Les comités de Direction ou l’on planifie entre-autre le planning des automatisations des centraux se succèdent. Durant ces réunions les négociations sont difficiles. Il y a les contraintes techniques, budgétaires et surtout politiques. Pour un élu, le passage en téléphonie automatique de sa ville, de sa circonscription avant celles des autres élus est très importante. Il y a toujours une élection en vue pour qu’une intervention devienne pressante.
C’est durant ces réunions que sont validés définitivement les tracés des grands câbles. Il faut savoir que l’on profite de l’ouverture de la tranchée nécessaire à ces câbles à longue distance, pour y déposer des câbles interurbains voire des câbles de distribution . Les discussions sont âpres et je suis toujours consulté lors d’une prise de décision. De nombreux critères entrent en jeu, les coûts, les contraintes techniques, les négociations de passage en terrain privé etc.
Chacun de ces câbles à grande distance intègre plusieurs tubes coaxiaux. Chaque coaxial est formé d’un tube an aluminium, les plus gros ont un diamètre de 13 mm avec une âme intérieur en cuivre de 3,7 mm 4, 6 voire 12 tubes sont regroupés dans une enveloppe en acier ou en aluminium. Ces câbles coaxiaux ne supportent aucun écrasement, aucune pliure supérieure au rayon de courbure préconisé par le constructeur. Ils sont posés en pleine terre en campagne, ou sont tirées dans des tuyaux plastiques noyés dans du béton sous la chaussée en ville.
En ville, à chaque raccord des dits câbles (env. tous les 300 mètres), est réalisé dans ce que nous appelons des chambres. Une chambre est une sorte de caveau en bêton dans lequel débouchent un bloc de tuyaux plastiques (appelé conduite), tuyaux dans lesquels les câbles sont « tirés ».
Ces grands câbles ont un très grand rayon de courbure ce qui nécessite des chambres de grandes dimensions, avec parfois des formes très compliquées afin de s’adapter aux contraintes d’infrastructure urbaine : conduites de gaz, d’eau, fondations d’immeubles etc. et aux contraintes de tirage des câbles.
L’étude de ces chambres se fait en relation étroite avec le bureau de dessin (bureau d’étude) d’une quinzaine de personne et son responsable Michel R.
Les intervenants locaux (CCL) ont également leur mot à dire dans ces projets, ils ont des abonnés à desservir sur le passage du câble, en ville ils ont besoin d’utiliser ces chambres pour faire passer leurs câbles de distribution. Ils sont également chargés de leurs constructions, car l’infrastructure du réseau fait partie de leurs activités.
Toutes ces opérations sont suivies par des chefs de travaux placés sous la responsabilité du chef de département Câbles Régionaux pour les grosses infrastructures et sous la responsabilité du Chef de centre CCL pour les infrastructures directement liées à la desserte d’abonnés.
Je fais également l’arbitrage entre la société chargée de la pose des dits câbles et les chefs de travaux et leurs responsables, en cas de non-respect des plans, en cas de difficultés de dernière minute rencontrée lors de la pose etc.
Les responsables des CCL ont comme adjoint des inspecteurs, qui sont à cette époque des inspecteurs recrutés sur titre (c’est-à-dire hors concours). Il m’est arrivé quelques fois d’avoir des échanges assez hard avec ces cadres pour des problèmes de conception, de non-respect des plans etc. Bien que mon grade soit bien inférieur, mes compétences et l’appui de M. Pierre B. m’ont très souvent donné gain de cause.
Le niveau du grade n’avait que peu d’importance face aux réalités du travail.
Mon responsable M. Pierre B. en est conscient, il est reconnaissant.
Je dispose d’un véhicule attitré, et quel véhicule : une Simca 1100 Berline, réservée normalement aux cadres. La voiture de référence en ce moment est la 4L.
Je réside à Arras, je peux en fonction des contraintes du travail, rentrer chez moi avec la voiture sans aucun souci. J’ai également le privilège d’utiliser cette voiture à temps complet, elle me permet notamment de rejoindre la gare SNCF le soir, et de remonter au bureau le matin. Je gare cette voiture dans la cour du CCL à quelques dizaines de mètres des quais de la gare d’Amiens.
A cette époque, il n’y avait pas encore de « Gestion des Ressources Humaines », la gestion du personnel se fait encore humainement.
L’ambiance.
Tout le monde se serre les coudes, très peu ou pas de querelle interservices, un esprit de cohésion, de « tous ensemble ».
Je suis sédentaire et affecté à la Direction Régionale. La journée est coupée par des pauses, une le matin, une le midi et une l’après-midi. Nous nous retrouvons à la cafeteria, la cantine, sorte d’îlot familial, tout au moins pour celle d’Amiens Claudel que je côtoie. Une ambiance agréable, conviviale y règne.
Les personnes des câbles et du réseau s’y regroupent. Chaque jour, en descendant à la pause, mon bureau étant situé au 3° étage, je passe saluer les personnes avec qui je suis en relation, je rejoins les bureaux du réseau, Pierrette P., Pierre D., Colette W. Nous travaillons sur les mêmes projets, et nous formons une équipe soudée, joyeuse.
Les moments passés à la cantine sont des plus agréables, le cuisinier qui est un fonctionnaire des PTT, comme nous il y met du sien. Chaque vendredi, pâtisserie maison : tarte, omelette norvégienne et j’en passe, il peut se le permettre compte tenu de la dimension de cette cantine (moins de 250 repas).
Le site de la cantine est également le théâtre de manifestations, les arbres de Noël pour nos enfants y sont presque grandioses. L’esprit de famille y règne.
Le plaisir au travail existe.

Cette reconversion vers le domaine informatique m’a demandé beaucoup d’énergie d’autant plus que le challenge était très important.
Plusieurs années passent, je me sens toujours aussi bien dans mon poste, mais il y a une vie de famille à assumer. Les premières années passées aux Câbles Régionaux dans les équipes m’ont permis d’améliorer le quotidien. Pour des jeunes mariés c’est une aubaine. Cela m’a permis d’acheter ma première voiture, de me meubler, d’accéder à la construction. Avec Danielle, nous avons eu une fille Audrey. Danielle a un poste de laborantine dans l’enseignement. Son lieu de travail est situé à moins d’un kilomètre de la maison. Sa mutation vers un autre établissement dans la Somme n’est pas envisageable, d’autant plus que nous avons nos racines dans la région d’Arras. Nous privilégions donc chacun de notre côté la qualité de vie au travail dans nos postes respectifs.
En 1976, ma collègue Pierrette quitte définitivement la région d’Amiens pour s’installer dans le Sud-Ouest ou son mari vient d’être nommé. Je ne l’ai revue qu’une seule fois lors d’un séminaire à Agen en 1985. Ce fut une grande perte pour le service et aussi pour moi, car nous avons monté beaucoup de projets en étroite collaboration depuis plus de 3 ans, et il y en a encore beaucoup à réaliser.

  1. Système d’information.
  2. Cellule d’Intervention Locale
  3. Employés des PTT chargés du déploiement et de l’entretien des lignes téléphoniques

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